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Le Professeur Richard Falk a rapidement réagi

 

Le Professeur Richard Falk a rapidement  réagi (5 mai) à la présentation par le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon du rapport de sa commission d’enquête sur les morts, les blessés et les dommages infligés aux installations de l’organisation des nations unies durant l’opération Plomb Durci de l’IDF contre Gaza.

Falk est le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’homme de l’ONU dans les territoires occupés ; il a tenté de pénétrer dans le territoire israélien (trois jours avant le début de l’opération Plomb Durci) mais a été retenu dans de mauvaises conditions, durant toute la nuit, à l’aéroport Ben Gourion avant d’être expulsé.

<Transcription des réponses>

(1)   “Je suis quelque peu déçu par le ton du Secrétaire Général qui répond à ce très sérieux rapport, scrupuleusement argumenté et fondé sur une analyse minutieuse des preuves disponibles. Il est vrai que le conseil des droits de l’homme de l’ONU a désigné une équipe d’investigation dirigée par Justice Richard Goldstone qui projette d’examiner les violations des droits de l’homme et les problèmes humanitaires survenus durant les attaques contre Gaza. Ainsi, il (le secrétaire de l’ONU Ban Ki-Moon) aurait pu mieux faire valoir qu’une initiative parallèle de l’ONU était déjà en cours et qu’une autre enquête sous les auspices du bureau du secrétaire général n’était donc pas nécessaire.

 (2) “Je devrais dire que, quelque sérieuses que furent les attaques contre ces équipements de l’ONU, elles restent cependant moindres dans l’offensive totale contre Gaza et le but essentiel de l’enquête devrait viser les violations des lois humanitaires internationales concernant la population civile et les infrastructures de Gaza, où grâce à une enquête impartiale, on pourra voir que de graves crimes de guerre ont été commis. Une procédure pour que les  les responsables rendent compte de leurs actes devrait suivre cette enquête.

 (3) “ On peut interpréter sa  réponse [de Ban Ki Moon] en avançant que l’ONU par l’intermédiaire du Conseil des Droits de l’Homme a déjà autorisé une enquête d’une aussi grande envergure. Pour avoir été en contact avec le groupe de Goldstone, je sais que leur intention est de réaliser une telle enquête. Ainsi, d’une certaine manière la réponse de Ban Ki Moon était quelque peu trompeuse car l’ONU s’est déjà engagée – sous réserve de la coopération d’Israël- à réaliser ce type d’investigation de grande envergure, qui aurait du être effectuée il y a longtemps. Aujourd’hui, cette enquête aurait du être déjà achevée car plus on attendra plus il sera difficile d’obtenir les preuves décisives.

 (4) “Israël n’a pas clarifié ce que signifie l’absence de coopération. Si cela est mené de façon aussi extrême que ce le fut dans mon cas- expulser les enquêteurs quand ils essaient d’entrer - cela constituera alors un grave obstacle à une vraie enquête. Mais si cela signifie simplement que les officiels du gouvernement israélien ne seront pas disponibles pour les entretiens et que les preuves dont ils disposent ne seront pas partagées avec les enquêteurs, ce sera alors une entrave qui ne constituera pas un obstacle inévitable pour la réalisation d’une enquête significative. Ce qui importe est que cette enquête avance. D’autres groupes ont tenté et tentent encore de rendre compte de façon plus complète sur la perpétration de crimes de guerre durant les attaques contre Gaza, dont une délégation largement médiatisée dirigée par John Dugard qui était mon prédécesseur en tant que rapporteur spécial ; ces tentatives ont été réalisées sous les auspices de la Ligue Arabe, un rapport est attendu dans les semaines à venir.

Al-Jazeera International, entretien avec le Professeur Richard Falk à son domicile à Santa Barbara, en Californie.

http://www.youtube.com/watch?v=oORAuHY1y-Y&feature=channel_page

 

 

Traduction : Ighilghili

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